David Goudreault troque la parole pour le papier

David Goudreault ajoute la poésie écrite à ses dons de slameur. Cet été, il publie deux
recueils de textes et un troisième suivra cet automne.

Photo : Jean-François Dupuis

Linda Corbo
Lapresse.ca

Bien avant de se révéler sur scène, de remporter en juin 2011 la Coupe mondiale de slam poésie en France et d'assurer quelques premières parties de l'artiste Grand Corps Malade, le Trifluvien David Goudreault était tout d'abord épris d'écriture. Pour lui, le fait de publier deux recueils de textes cette saison relève d'un bien heureux accomplissement.

«Pour moi, c'est un retour à l'écriture car à la base, je suis un auteur. J'ai été reconnu
grâce à la scène mais pour moi, le bout le plus important a toujours été l'écriture, qui
permet plus de profondeur avec un deuxième et un troisième degrés de lecture.»

Samedi, il a lancé sa première publication dans la collection «Lèvres urbaines» des Écrits des Forges, qui a l'habitude de réunir des poètes de deux univers différents.

Fidèle à ce concept, on a choisi ici de jumeler David Goudreault à Yolande Villemaire.
Or si cette dernière a répondu à l'invitation par un long poème, lui a répondu par une
trentaine de petits poèmes écrits en vers libres. Ce tout premier recueil est intitulé À
l'endroit de nos visages.

David Goudreault y concentre son art sur les six villes qui ont marqué son parcours, à commencer par Trois-Rivières. «C'est de là où je viens, là où je retourne me ressourcer et là où je vais panser mes blessures au besoin. C'est ma terre natale, mon réconfort» dit-il. «Trois-Rivières traverse d'ailleurs l'ensemble du recueil puisque j'y ai vécu pendant 20 ans et que j'y ai eu mes premières expériences de scène et d'écriture.»

Ceci dit, il sera aussi question de Sherbrooke, où il habite depuis dix ans pour le bien de son métier de travailleur social; de Québec «pour mon côté politique et mes allégeances», dit-il; de Montréal «la métropole où j'aime aller me laisser battre le coeur»; de même que Paris et Ivujivik, village du Nunavik qui s'est avéré un coup de coeur au moment où il est allé y dispenser des ateliers.

Un deuxième recueil suivra cet été

Dans un deuxième temps, les textes de slam de Goudreault seront eux aussi publiés en
juillet, en France cette fois, aux Éditions Universlam. Ce recueil, qui mettra chacun de
ses textes dans le contexte où il a été interprété sur scène, sera intitulé Mines à Vacarme et fera aussi l'objet d'une sortie au Québec cet automne. «Comme ce sont des textes qui étaient destinés à être «performés» sur scène, ces poèmes doivent être lus à voix haute», avise l'artiste.

Mais encore, David Goudreault voit son art prendre d'autres nouvelles avenues. Le
slameur a effectivement écrit une chanson qui se retrouvera sur le prochain album de
Gaële; a composé d'autres pièces pour le compte du groupe trifluvien Around Joshua, et réserve la sortie d'un autre recueil de poésie cet automne.

Les écrits resteront

«Les paroles s'en vont mais les écrits resteront», se réjouit David Goudreault. Le slameur a beau jongler avec les mots et les scander sur la musique avec brio, il avoue qu'il a des tiroirs remplis de textes chez lui. Des nouvelles littéraires, des ébauches de romans, des poèmes, une pléiade de textes y sommeillent.

Ses activités artistiques sont en train de gagner de plus en plus de terrain dans son
quotidien. Travailleur social de métier, cet emploi ne l'occupe plus que deux jours par
semaine désormais pour lui permettre de vaquer à sa carrière artistique.

Actuellement, il travaille d'ailleurs sur les nouvelles pièces qui composeront son prochain spectacle sur scène, prévu cet automne. Il se consacre également à des ateliers de création dans les écoles, une avenue qui rejoint son statut de travailleur social, dit-il, puisqu'il y touche la confiance, l'estime de soi et la créativité avec les jeunes.

Pour lui, ses écrits et son métier de travailleur social ont des racines communes qui
baignent au coeur de ses intérêts personnels. «Je m'intéresse beaucoup à la santé mentale et même à la santé spirituelle. Je suis très intéressé par les personnes tourmentées et je suis toujours en questionnement sur la condition humaine», dit-il pour traduire la ligne directrice qui dépeint ses écrits. À l'inverse, il utilise l'art dans son métier. «L'art développe une sensibilité un peu intuitive qui me sert bien quand je suis en intervention avec des clients.»