De la poésie au coeur du rock

Imaginez-vous une salle pleine à craquer au Théâtre Granada de Sherbrooke, lieu mythique pour le rock, avec au centre de la scène un poète avec comme seule arme musicale le rythme des mots, des assonnances, des consonnances, des allitérations, de la rime et du calembour. C'est ce que vous pourrez vivre en venant supporter David lors de l'Événement de la Rentrée Sherbrooklyn où il brûlera les planches avec son quatuor de musicien : Anaïs Constantin, Maxime Dumoulin, Sébastien Corriveau et Dominique Rheault. Ils partageront la scène avec 4 autres superbes groupes soit Greenwood, l a c k o f s l e e p, Alice and the intellect et Les Enfants de Cabot. L'enjeu? 10 000$ d'argent sonnant que nous pourrions réinvestir dans un projet artistique pour 2012. Comme dans tout bon concours de rock, le public a son mot à dire alors pour celles et ceux qui assisteront au spectacle, vous pourrez voter pour votre groupe favori et le vote ira pour un dixième du pointage des juges.

Toute l'équipe des Compagnons d'Amérique s'était juré d'amener la poésie là où on ne la voit plus. Entre guitares et pianos, nous vous promettons que les mots tiendront tête au rock et que l'esprit des anciens troubadours résonnera dans l'enceinte du vieux théâtre. Merci d'en être et d'y être.

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Billetterie du Théâtre Granada

Adieux et aux autres

David Goudrault

tiré de l'article paru dans le journal Entrée Libre

« J’ai bâti de si beaux châteaux que les ruines m’en suffiraient. » (Jules Renard)

La poésie, le slam…

Le slam de poésie, c’est un mouvement qui était bien vivant avant que nous y joignions notre souffle et qui, espérons-le, le sera toujours lorsque nos poumons s’affaisseront. Entretemps, comme plusieurs autres scribouilleurs, révolutionnaires et autres gueuleurs à tous vents, j’y joins ma voix et tente de transmettre ma passion pour ces façons d’offrir une performance, de clamer ses poèmes et de vivre une démocratie directe et participative qu’est le slam de poésie! Tatatata!

Mais ce n’est qu’un jeu!

Le plus cruel, le plus enivrant et exigeant de tous les jeux mais quand même qu’un jeu. Pire, c’est un prétexte qui ne vise qu’à offrir un bon spectacle à un public plus ou moins néophyte et, souvent, plus que moins critique. J’en profite pour saluer le courage ou l’inconscience de tous les poètes ayant osé se prêter au jeu.

Personnellement, je m’y investis depuis plus de trois trop courtes années. J’y ai mis suffisamment d’heures et de sueur pour ravir la première place à trois finales régionales, à un Grand Slam provincial en équipe, puis en individuel, à un Slamboree et, récemment, à la Coupe du Monde de Slam de Poésie.

Mais les meilleurs poètes ne gagnent jamais! Et la beauté est à l’intérieur.

Ces performances dans des événements tagués « slam » m’ont mené à des opportunités d’animation de soirées et d’ateliers de création, d’organisation de cabarets littéraires, de production d’albums et de rencontres humaines qui ont embelli et donné du sens à ma vie. C’est en prenant ma place sur scène et dans les coulisses mais surtout en écoutant mes comparses que j’ai affûté ma sensibilité, vécu mes plus belles peurs, mes plus francs éclats de rire et même, à l’occasion, quelques bonnes excitations. Le slam de poésie a surpassé les G.I. Joe dans l’échelle de mes plus grandes passions. Alors…

Je ne slamerai plus.

Voilà, c’est dit et écrit.

Je ne me suis pas remis à la consommation de drogues et suis pleinement conscient du paradoxe mis de l’avant lorsque je souligne l’importance du slam de poésie dans mon existence puis annonce que je m’en priverai. Je persiste, m’explique et signerai.

Gagner la Coupe du Monde de Slam de Poésie le 5 juin dernier était l’objectif ultime que je m’étais fixé, l’inaccessible étoile, une finalité en soi. Durant la semaine précédant la finale, j’ai écouté et côtoyé des géants de la poésie et de la performance, j’ai baigné à chaque jour dans tout ce que le slam a de meilleur à offrir. En plus des seize poètes internationaux, des soixante-quatre poètes français et des dizaines d’enfants ayant foulé les planches des diverses salles de spectacle, j’ai rencontré une pléiade de passionnés du slam de poésie. J’ai pu consommer une poésie psychoactive pure et saine. C’était aussi enivrant que de poser la dernière brique de la tour de Babel baigné d’un puissant gospel collectif entonné en espéranto.

Je ne sais si j’aurai l’occasion de vivre d’autres communions de ce genre dans ma vie, mais je me sens privilégié d’avoir vécu une telle expérience et désire sincèrement que d’autres poètes aient l’occasion d’y goûter. Nous ne conservons ce que nous avons qu’en le partageant.

Ce n’est pas par prétention ou par crainte de ne plus rencontrer de succès que je prends ma retraite de la facette compétitive de cette poésie performée mais pour conserver le meilleur souvenir de ce grand amour, par souci de ne pas entraver un mouvement qui doit se nourrir de sang neuf ainsi que par désir de me consacrer plus assidûment à des projets artistiques professionnels.

Je continuerai d’assister aux soirées de slam et de m’impliquer dans l’organisation d’événements, dans l’animation de compétitions et d’ateliers dans les écoles, mais me consacrerai surtout à mes propres spectacles de poésie performée et à la création d’un recueil de poèmes qui devrait atterrir dans vos quenottes dans l’année à venir.

Je déborde de grasse gratitude envers tous ceux et celles qui ont cru en moi, qui m’ont supporté durant toutes ces années et qui ont joué et jouent le jeu honnêtement.

Le slameur est mort, vive le slam!

David gagne la Coupe du monde de slam de poésie!

C'est suite à une semaine de joute verbale, où s'affrontaient les 16 meilleurs slameurs du monde, que David Goudreault, poète sherbrookois représentant le Québec, a remporté la Coupe du monde de slam de poésie qui se tenait en France. C'est d'ailleurs la première fois de l'histoire de cet événement international qu'un québécois rafle ce prix tant désiré dans le milieu du slam.

 

Pointage final Coupe du monde de slam

Voici d'ailleurs un petit mot de David sur son impression concernant cette finale : "La poésie a gagné en humanité et en énergie cette semaine. Les échanges et l'inspiration que les 16 poètes d'autant de pays ont mis en commun devrait faire partie du patrimoine mondial".

 

David sera de retour le 13 juin au Québec et prévoit une tournée des cégeps durant l'automne et l'hiver prochains ainsi que plusieurs spectacles cet été.

 

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