S'édenter la chienne

PIERRFogliaE FOGLIA, La Presse
Édition du 9 octobre 2014, section ACTUALITÉS

Extrait de la chronique Appelez-moi Anne cinq minute


POÉSIE — Il s’appelle David Goudreault, mais il pourrait aussi bien s’appeler Pierre Falardeau. Vous vous souvenez que Falardeau écrivait au lance-flammes ? Lui aussi, ce Goudreault. Sauf que c’est de la poésie. Peut-être plus du slam. Anyway.

Extraits : « Nous allions à la place du marché/Maintenant/Il n’y a de place que pour le
marché/Et nous/Nous n’allons nulle part… »

Et ça aussi : « Tout est/Fabriqué en chine/Depuis que la Chine est/Fabriquée en
Amérique. » Il est de Sherbrooke. Le titre du recueil : S’édenter la chienne. Aux Écrits
des Forges.

La faute au silence, de David Goudreault

 

Valérie Lessard, 3 juin 2014
Le Droit (Gatineau/Ottawa)

Il y a bien peu de silences sur cette galette du slameur, auteur, compositeur et interprète.

Premier Québécois à remporter la Coupe du monde de poésie, à Paris, en 2011, ce travailleur social de formation propose des textes denses, percutants, touchants : charge contre l'armée, dénonciation de l'intimidation et de l'indifférence, poignante remise en question d'un avortement, regard sur la classe moyenne, etc. Des textes pertinents, auxquels il faut tendre une oreille attentive pour en savourer les nuances.

Alors que les arrangements ancrés dans l'urgence de dire, de Droit devant (où l'on peut entendre une célèbre réplique de Pierre Lambert !) étourdissent presque, ceux des pièces plus « amoureuses » rappellent les ambiances de Grand Corps Malade (qui mêle d'ailleurs sa voix à la sienne sur Juste de la poésie).

Syndicate content